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28 mai 2009

François Bayrou invité de Christophe Barbier sur LCI jeudi 28 mai

 François Bayrou était l'invité de Christophe Barbier sur LCI jeudi 28 mai.

Retrouvez l'interview de François Bayrou sur LCI par Christophe Barbier

Extraits :

Ségolène Royale et Martine Aubry réconciliées hier soir y croyez vous?

- (rires) Ecoutez, ce qui est frappant, c'est qu'on essaie de faire un évènement avec la présence sur la même tribune de deux responsables politiques du même parti pour un meeting unique, cela veut dire quelque chose de l'état du parti. En tout cas moi, je tiens à rendre sa place à cet évènement qui n'est pas une place majeur dans l'actualité internationale.

"Les socialistes ne me sont pas étranger" avez-vous dit, ça a même fait la Une d'un journal. Pourquoi cette litote, vous dîtes carrément qu'il vous sont proches, familiers...

- Est-ce que vous avez lu l'interview ?

Oui

- et que dit la phrase dont on a fait un titre ?

Mais le titre est là quand même

- La phrase dit "aucun républicain ne m'est étranger, pas plus les gaullistes que les socialistes", c'est ça que je dit. Je veux dire simplement qu'il y a un temps pour les étiquettes, un temps pour les combats de partis, puis il y a un temps pour quelque chose de plus profond qui est le souci de ce qui arrive à notre pays, à ses valeurs fondamentales, à ses choix pour l'avenir. Et je veut dire que lorsque le temps viendra de reconstruire, et je crois que ce temps viendra, lorsque le temps viendra de l'alternance, les grands courrants républicain du pays auront tous leur place et je me comporte comme ça, je regarde les grands courants démocratiques et républicains du pays avec respect et en pensent au rôle que chacun devra jouer dans cette reconstruction.

Ce rôle pour vous, ça pourrait-être d'être le meilleur des socialistes, "le premier des socialistes" comme a dit Rachida Dati?

- Oui, rendons à ces déclarations leurs places.

On comprend sa façon de pensée dans une alternance républicaine, vous prendriez la tête et les socialistes fournirait le gros des troupes.

- Ce qui me préoccupe moi, ce n'est pas de faire une OPA sur le parti. D'abord ça ne serait pas respectueux, pas sérieux et puis ça n'est pas ma vision. Je ne veux pas devenir l'homme d'un clan. Je suis le défenseur du pluralisme en France. Je n'est pas envie de refaire le clan contre clan, même à mon avantage. Vous voyez ce qui est très important en France, à mon avis, c'est qu'on échappe à cette culture d'un seul parti qui tient tout, que ce soit à l'UMP ou au PS. C'est malsain et on se trouve avec des dérives comme on en a tous les jours sous les yeux. Je pense exactement le contraire, qu'il faut bâtir une convergence, des rassemblements, où pourront travailler ensemble des gens qui n'ont pas la même carte de parti, enfin, où pourront se retrouver les sensibilités plus gaullistes pour les unes, droite républicaine, il y a des gens de la droite républicaine en France du centre et de gauche. Parce que, Christophe barbier, le travail que nous aurons à faire est un travail immense et sans précédent, il suffit de penser à l'état des finances publique dans notre pays, il suffit de regarder l'état catastrophique où on conduit l'éducation nationale, où on conduit la justice, où on conduit l'hôpital, où se trouve l'agriculture et des pants entiers de l'économie du pays. Le travail que l'on va avoir à faire est un travail qui exige la mobilisation des sensibilités compatibles dans notre pays.

Si le chantier est aussi important et urgent, pourquoi avoir publié un livre "Abus de pouvoir", qui se vend très bien d'ailleurs, uniquement à la destruction du personnage adverse Nicolas Sarkozy.

- Vous n'avez pas le droit de dire ça ou alors ça veut dire que vous n'avez pas lu le livre...

Je l'ai lu et vous le savez, l'impression qui domine c'est l'adominen.

- Christophe Barbier, vous savez donc que ce n'est pas le cas d'un bout à l'autre du livre. Il s'agit seulement de la confrontation de deux projets. Le projet qui est a l'oeuvre et qu'on essaye de nous imposer, c'est a dire la translation de la société française par une société dont elle a pour l'instant toujours refusé les valeurs, les principes, et les symboles, c'est a dire vers la société "american-Bush" pour lui donner sa vraie marque. La France a toujours refusé cela, la France a un projet qui est le projet républicain qu'on a voulu nous faire croire d'arrière garde et dont je dis qu'il est d'avant garde. Donc dans la politique de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas la personne que je vise, c'est le projet qui est un projet de déstabilisation de ce que notre pays a de plus précieux.

Dans votre projet de convergence, on trouve parmi les gaullistes Dominique de Villepin. Vous avez déjeuner récemment avec lui pour parler de l'état du pays. Prendrez-vous de nouvelle initiative commune ?

- Je n'est pas envie de traduire en attitude politicienne ce qui est le soucis profond partagé d'un certain nombre de responsables politiques qui voient l'état de la France et sa déstabilisation progressive et qui ont envie de réfléchir, en parlent ensemble de ce qu'on pourrait faire. Je refuse et je récuse toute attitude de récupération

Hier Dominique de Villepin a dressé devant ses amis un tableau très noir de l'Europe : "l'Europe ne passera pas la cap des prochaines années, inefficace illégitime, impuissante". Vous partagez ce diagnostique sombre sur l'Union européenne?

- Je ne partage pas exactement ce diagnostique sombre. Ce que je vois dans l'Europe, c'est le caractère vital pour nous de son existence, vital pour nous de sa mutation. Toute crise planétaire impose une réponse européenne à la crise économique, la crise des monnaies, la crise de l'environnement, la crise de l'Afrique. Cela impose des réponses planétaires. Seule l'Europe peut nous les apporter mais si l'Europe est vitale alors il y a une conséquence qui est majeure : il faut qu'elle devienne affaire de citoyen, il faut qu'elle devienne notre affaire à nous. Alors nous avons choisi comme slogan "Nous l'Europe" : l'Europe c'est la France, les Français. Le problème de l'Europe, le problème des citoyen que vous avez, que nous avons, pour nos familles, pour les jeunes, pour l'avenir, pour l'emploi, ils doivent se régler pour partie en France et pour partie en Europe. Il ne  faut pas regarder l'Europe comme noire. Il faut regarder l'Europe comme la seul chance dont nous disposions et la faire changer profondément.

Par exemple face à la crise vous proposez un plan de relance de l'ordre de 3% du PIB européen. Où prendrez-vous l'argent?

- Je suis pour un emprunt européen assumé par les institutions bancaires européennes.

Et un SMIC européen dans chaque pays relatif à la richesse, comme les socialistes, ça pourrait être votre projet ?

- Quand on vous dit SMIC européen, vous regardez la personne qui vous dit ça dans les yeux et vous vous dites : s'il vous plais à quel niveau ? Est ce que vous mettez le SMIC Français au niveau du SMIC Roumain ? Auquel cas évidement, cela va faire des secousses. Est-ce que vous mettez le SMIC Roumain au niveau du SMIC Français et là l'économie Roumaine n'y résistera pas. Ce que je propose est beaucoup plus responsable. C'est un plan de convergence sur 10 ans qui permettra aux Européens de se fixer des objectifs communs à la hausse, de se fixer des buts à atteindre, mais plutôt vers le haut de la fourchette.
 
Vous prônez l'aciduité des députés européen qui seront élu le 7 juin mais Jean-François Kahn, votre candidat dans l'Est, si il est élu envisage de démissionner pour céder sa place.

- Pas du tout, pas du tout. Jean François Kahn dit : "je suis arrivé à la tête d'une liste où il y avait une députée européenne de premier plan qui est Nathalie Griesbeck. Elle a eu la gentillesse de me céder la place. Je suis venu pour apporter des sièges et pas pour en retirer. Nous allons donc faire deux sièges, peut-être trois 'c'est Yann Wehrling un ancien responsable vert, un homme de grande qualitée qui est numéro 3) sinon c'est que j'aurais manqué mon pari. Je ne prendrai pas le siège de quelqu'un d'autre."

Vous êtes contre les portiques à l'école mais vous souhaitiez quand vous étiez ministre de l'éducation sanctuariser l'école y compris en mettant des clôtures autour, vous avez changé d'avis?

- Mais non pas du tout. Les lycées avec des clôtures autour et pas ouvert sur la rue, c'est la tradition française. Les portiques, je veux qu'on s'y arrête une seconde. Combien de temps faut-il pour faire passer 100 passagers d'un avion pour aller passer au portique. Tout le monde l'a expérimenté, ça prend du temps. Donc on va faire ça pour 1000 élèves d'un lycée à 8H, à 12H, à 14H, et 17H ? La vérité, c'est qu'on est en train de faire une loi sécuritaire. On est en train de faire une manoeuvre électorale dont le seul but est de gagner des voies pour le 7 juin. Le responsable de l'UMP qui l'a quasiment avoué ouvertement.

 
 
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